Les NTIC comme aide aux apprentissages : à quelles conditions ?
|
Le débat actuel concernant la place des NTIC dans l'enseignement est principalement centré sur la question suivante : faut-il intégrer ces nouvelles technologies à l'ensemble des disciplines ou la considérer, et donc l'enseigner, comme une discipline à part entière ? La question est sans aucun doute pertinente( au moins pour celles et ceux qui se la posent ). Les réponses que l'on voit s'ébaucher aujourd'hui concernant, comme naturellement , l'institution scolaire, avec par exemple la création du B2 I . Ce débat concerne en premier lieu les enseignants dont on sait que l'attitude a un rôle décisif dans les acquisitions de leurs élèves. Ces réponses tentent de développer l'utilisation de ces nouveaux outils en visant l'acquisition par le plus grand nombre d'une sorte de minimum informatique ( dans cette perspective tous les enfants devraient savoir par exemple qu'un ordinateur est une machine à écrire d'un type nouveau). Dans la famille des différentes fractures apparue il y a peu, la fracture numérique ( et l'usage social du discours qui l'accompagne ) tient sa place : on souhaite la réduire, réduire les inégalités face à ces nouveaux médias alors que l'on sait bien par ailleurs , si l'on y regarde d'un peu plus près, que les NTIC , loin d'être une solution miracle, peuvent constituer un accélérateur très performant et un outil des plus sophistiqués pour les accroître. On sait également que pour tout ce qui a trait aux différents modes de communication, l'usage s'est toujours chargé d'apporter des réponses , parfois assez éloignées de celles qui étaient attendues. ( Sur les portables le Wap devait se développer mais ce sont les SMS, messages courts, que les usagers et notamment les plus jeunes d'entre eux utilisent le plus ) Si en la matière le rôle de l'enseignant est décisif, le désir et la volonté d'apprendre des élèves l'est tout autant. Les nouvelles technologies appellent à cet égard un nouveau paradigme qui concerne davantage les apprentissages que les technologies elles-mêmes, lesquelles ne constituent jamais que des outils. Jacques Tardif propose un cadre pédagogique qui amène à passer d'une école centrée sur l'enseignement à une école centrée sur les apprentissages. C'est en cela que réside pour nous l'intérêt de l'outil informatique : permettre de réfléchir et de travailler sur le couple indissociable enseignement-apprentissage qui associe l'enseignement des connaissances à une pédagogie de construction des processus cognitifs, en gardant à l'esprit que le processus "enseigner" et le processus " apprendre" ( ainsi que le processus " former" ) ont des logiques " exclusives et non complémentaires" (Houssaye. 93) La réflexion sur les NTIC semble donc indissociable de celle concernant les apprentissages, surtout lorsque l'on souhaite intégrer ces technologies à des projets d'aide aux élèves en difficulté . Or, comme le rappelle Monique Linard, les TIC ont un impact encore très limité sur les pratiques du fait de " la faiblesse générale des conceptions de l'apprentissage qui empêche d'exploiter au mieux les potentiels des acteurs sociaux et des outils " et de " la sous-estimation, des contraintes de l'innovation qui entraîne souvent à plaquer du nouveau (technique) sur des situations éducatives inchangées. " La conception de l'apprentissage de notre point de vue la plus à même de constituer un cadre valide et fécond pour les différents projets liés aux NTIC et les intégrant à un niveau ou un autre s'appuie sur un modèle constructiviste et interactionniste, modèle développé il y a déjà bien longtemps par des auteurs comme Wallon, Bruner ou Vygotski, mais encore trop peu mis en concurrence avec le modèle rhétorique traditionnel dans lequel les apprentissages se font par imitation d'un modèle, le plus souvent incarné par le maître. Ce modèle est efficace et a fait ses preuves pour un travail essentiellement axé sur les performances mais il est également très sélectif et impropre ou du moins peu adapté pour développer de réelles compétences chez les élèves.
Les situations auxquelles nous essayons de réfléchir dans notre petite association réclament donc expressément la présence d'un tiers capable d'aider s'il y a demande. Si vous êtes à Brest ou aux alentours, si le sujet vous intéresse et si ce petit essai d'édito ne vous a pas définitivement découragé, vous pouvez nous joindre ou nous rejoindre dès à présent. Salut et @ bientôt Th.Berthou |