Differences Day
La journée des différences

All Kidz'R Special and like to have fun !
tous les enfants sont extraordinaires et aiment s'amuser !

par Laurence Furic

Cette page est réalisée à partir de messages envoyés par Laurence sur la liste Intescol.

Voir le dossier remis aux enseignants en préparation de la Journée des Différences par Laurence

 Bonjour à tous et à toutes,

Un compte-rendu de la journée des différences, organisée par le SEPTA du district scolaire de Katonah-Lewisboro Etat de New-York, Etats-Unis d'Amérique :

Cette journée est organisée par l'association des Parents/Professeurs de l'Education spécialisée . Elle a lieu dans les locaux d'une des écoles élémentaires du district, Meadow Pond pour cette année.

Dès huit heures du matin, les parents ont installé les cinq stands :

- stand numéro 1 : Cécité/Handicaps visuels

-stand numéro 2 : LD = Learning Disabilities = Handicaps d'apprentissage

-stand numéro 3 : Occupational Therapy = thérapie occupationnelle.

-stand numéro 4 : Orthophonie et langage

-stand numéro 5 : Handicaps physiques

Les quatre premiers stands sont sous forme d'une longue table, derrière laquelle deux ou trois parents (nous n'étions que des parentes, en fait) prennent place, et vont faire faire les activités aux enfants, selon un plan préparé par celle qui s'est chargée du stand. Le matériel utilisé est fourni par les professionnels et Instituts traitant de ces handicaps (de même que toute la documentation qui était mise aussi à la disposition des adultes visitant les stands, à l'extérieur du gymnase).

Le cinquième stand était installé dans la partie "basket-ball" du gymnase, et était constitué de plusieurs appareils d'orthopédie, deux fauteuils roulants, et un marcheur.

La journée était destinée aux classes de CP/CE1 (6-8 ans)
Les enfants se présentaient à l'entrée du gymnase avec leur maîtresse qui leur attribuait un petit carton 1, 2, 3, 4 ou 5 et les enfants se dirigeaient vers le premier stand tel que numéroté sur leur petit carton, par groupe de 4 ou 3 enfants. Une des responsables du Comité d'organisation, au micro central, annonçait quand il allait être l'heure de tourner au prochain stand, en prévenant une minute à l'avance, et le temps venu, un petit jingle signalait qu'il était temps. Nous interrompions alors ce que nous étions en train de faire et indiquions aux enfants de se diriger vers le stand suivant (les 5, vers le 1, les 1 vers le 2, ainsi de suite).

Parfaitement huilée, la journée de visite des enfants a duré de 9 heures à 3 heures. Puis rangements des stands.    

Le stand des handicaps visuels :

Sont présentés aux enfants : le manuel d'apprentissage de l'alphabet braille. Un ouvrage absolument fabuleux, où chaque lettre est figurée sous une forme tactile, en relief, à la taille d'une main d'enfant. Les touchers sont différents (le I en verre, le M en laine sous la forme d'un petit gant, etc...). Des montres, réveils en braille, plusieurs écrits en braille, des cartes à jouer en braille et sans braille pour sentir la différence au toucher, des jeux "gameboy" magnifiés, une série de lunettes oclusives ( pour simuler les différents types de pertes visuelles), des loupes, un livre de poésie en braille, une machine à écrire le braille...

Les activités proposées aux enfants :
Yeux fermés, canne blanche en main, la consigne de se diriger vers... et bien sûr quelqu'un vient se mettre sur le chemin, que l'enfant ressent avec sa canne et puis évite.

Ecrire leur prénom en braille. La petite carte avec leur prénom leur est précieusement remise.

Pour les handicaps visuels, des lunettes spéciales sont mises sur les yeux des enfants, avec la consigne d'aller jusqu'à une petite table distante d'environ trois mètres. Les enfants butaient dans la table, la voyant plus loin quand ils arrivaient à proximité, où au contraire la dépassaient.
Difficile aussi de s'asseoir. Puis la consigne d'écrire son nom sur une carte,posée sur la table (l'une des cartes étant de la même couleur que la nappe se trouvant sur la table) toujours avec les lunettes spéciales sur le nez. Surprise des enfants à voir le résultat.
 

Stand numéro 2 : les difficultés d'apprentissage

Du matériel nombreux, illustrant les phénomènes dyslexiques.

Il y avait un texte "dyslexique" avec une histoire à lire, et le texte "corrigé", un certain nombre de puzzles, plusieurs activités, dont la première consistait à faire écrire sur une carte le nom de l'enfant, puis l'enjoindre de retourner cette carte, la coller sur son front, et de sa main dominante tracer à nouveau son nom. Ensuite, les enfants pouffaient, s'esclaffaient, comparaient, et nous les invitions à commenter :

"J'ai fait cette lettre à l'envers"
"Oh que c'est cochon"
"C'est illisible"
"Quel gribouillis"

Il y a même eu une petite fille qui a refusé absolument que quiconque voie son gribouillage, et bien sûr nous l'avons rassurée, nous avons escamoté la carte pliée qu'elle voit bien que personne ni nous ne la voyions et c'est sa maîtresse qui l'a prise.  Même cet événement nous a servi à montrer et à parler avec les enfants de ce que cela peut représenter pour ceux qui ont cet handicap, et que là ici, bien sûr, on pouffait, et riait, mais qu'on ne pouvait pas le faire si en classe un de nos camarades avait cette difficulté.

Les réponses étaient souvent : "bien sûr, cela lui ferait (au camarade) de la peine" ; "les personnes qui ont cette difficulté ce n'est pas de leur faute" ; "les enfants qui ont cette difficulté font de leur mieux, c'est très dur pour eux d'écrire et de lire, on voit bien" ; une petite fille a dit : "une personne qui a cette difficulté, elle a peut être une mauvaise écriture, mais elle a des sentiments comme tous les autres, alors il ne faut pas les blesser (les sentiments)".

Je ne peux bien entendu pas reproduire tout ce que nous avons entendu, en une journée, il m'aurait fallu avoir un magnétophone, c'était très émouvant et intéressant.  

Nous invitions les maîtresses à se plier à l'exercice bien sûr. (Nous nous y sommes amusés, je vous invite à le faire, c'est édifiant).
 

Un autre exercice à ce stand, consistait à leur faire regarder une série d'objets représentés en vrac, pendant un très court laps de temps (5 secondes), et leur demander ce qu'ils avaient réussi à mémoriser. On obtenait sur les douze objets trois à six réponses. Ensuite, on remontrait le vrac, mais cette fois-ci en le réorganisant :

- un avion, une valise, un voyageur, un hélicoptère
- une ambulance, une échelle, une voiture de pompier, un feu
- une vache, un fermier, un tracteur, une botte de foin

Et expliquant comme cela permettait de dégager le sens et par conséquent faciliter la mémorisation, surtout sous pression (la pression du temps, l'injonction traditionnelle à laquelle nous étions également soumis, puisque les enfants allaient rapidement "tourner" à une table).

Une image sans couleur et sans contour devait être "lue" sans bonne réponse : chacun y voyait ce que son esprit lui dictait plus ou moins. On sentait bien les préoccupations des uns et des autres ! Un adulte a vu une carte du Moyen-Orient, d'autres ont vu de la neige, une biche, des enfants y voyaient des scènes assez complexes avec toute une histoire. Notre tour de "passe-passe" consistait à superposer les couleurs et les contours et faire apparaître l'image on ne peut plus claire d'une vache. Un seul enfant l'avait "vue". Ensuite, si l'on retirait le calque, merveille, les enfants percevaient nettement mieux l'image de la vache, ils avaient effectivement enregistré les informations manquantes !

Certains n'y arrivaient pas tant qu'on n'avait pas fait l'opération plusieurs fois. Cela nous a permis d'expliquer les différences de rythmes d'apprentissage, etc..

Le stand de la thérapie occupationnelle :

Sur la longue table, un très grand nombre d'objets courants bien connus des enfants, des puzzles simples en bois (ceux où les pièces sont uniques, avec un piton qui permet de les retirer par exemple, ici, en l'occurence, il y avait un puzzle avec toutes sortes de loquets, serrures, permettant une ouverture de la petite porte et ouvrant sur une scène courante de la vie à la campagne ou à la ville ; un autre puzzle, avec toutes sortes de lacets), des crayons de différentes tailles, des dés à jouer, des cartes à jouer, des raisins secs avec des cuillers en plastique, de fourchettes en plastique, un "peg board" (tableau de mousse à trous dans lequel on place des pitons colorés de différentes tailles), des pinces à linge en bois, plusieurs cartons sur lesquels on trouvait respectivement une fermeture éclair, trois lacets parallèles, des boutons pression, des lacets entrelacés (genre chaussures après-ski), des blocs de papier, et ... des paires de moufles...

Après les deux premiers stands, les enfants qui en venaient allaient commencer à transpirer...

Nous les accueillons en leur expliquant un peu ce qu'est la thérapie d'occupation. Nous leur disons que cela concerne les enfants qui ont des problèmes avec leurs mains (il existe bien entendu des définitions moins enfantines).

Nous leur demandons ensuite ce que l'on fait avec ses mains, les réponses fusent, et quand elles tardent, nous les guidons en leur proposant de s'aider de ce qu'ils voient sur la table ou en mimant pour éviter l'écueil de l'abstraction.

Puis une fois que nous avons obtenu un bon nombre de réponses (écrire, manger, s'habiller, se brosser, jouer, caresser, sentir, etc..), nous leur annonçons solennellement : "eh bien, nous allons vous montrer ce que cela fait de ne pas pouvoir faire tout cela facilement, et pour cela nous allons vous demander d'enfiler les moufles (pardon si elles sont trop chaudes, à la fin de la journée, les pauvres devaient les trouver carrément trempées de sueur). Puis nous leur demandons de quelle main ils écrivent. Ils lèvent la main. Et nous, cruelles en diable : "Eh bien, vous allez devoir utiliser l'autre !".

Nous leur remettons tout d'abord un bloc de feuilles de papier, un crayon papier normal, et leur donnons l'instruction d'écrire leur nom avec leur main non-dominante au bas de la feuille de papier (c'est encore plus difficile).

L'épreuve passée, ils commentent : "Oh là là, c'est cochon !"
"Ce n'était pas facile"
"Ca a pris beaucoup plus de temps"
Certains enfants ont tout de suite commencé par dire : "Je ne peux pas".
Mais ils ont tous fait l'exercice, car nous leur disions que ce n'était pas le résultat qui comptait mais d'essayer.

Après ce premier exercice, nous passions à l'épreuve de l'habillage, au moyen des cartons que je vous ai décrits (fermeture éclair, lacets, etc...).
Nous ne cherchions absolument pas à ce qu'ils terminent la tâche, simplement de s'y essayer, et de voir ce que ça faisait, et de commenter éventuellement.

Nous, c'était très intéressant aussi de les aider à formuler ce qui se produisait. Immédiatement, nous avions des réactions de frustrations, qui pouvaient s'exprimer par des "gueulantes", auquel cas, nous verbalisions :"C'est frustrant hein ?" et l'enfant répondait "Oh oui, "man" ! je sens rien ! ça m'énerve" ou bien, certain(e)s s'attelaient à la tâche avec une patience infinie, et je voyais des jolis petits bouts de langue.

Les stratégies développées étaient également passionnantes. Les coups de poings pour fermer à toute force les boutons pression, les contorsions pour vérifier par en-dessous du regard, ce que les doigts emprisonnés ne pouvaient vérifier, etc...

J'ai également été frappée par les mimiques, et le langage corporel. J'ai regretté un peu qu'il n'y ait pas eu de vidéo de prise à ce stand (seulement des photos), car on reconnaissait aisément des postures que certains enfants plus gravement handicapés présentent : montrer aux enfants typiques qu'ils adoptent les mêmes postures ou "contorsions" dans un effort d'achever une tâche, leur aurait certainement démythifié le côté "bizarre" de ces comportements. Mais nous verbalisions.

Ca transpirait dur. Marathoniennes, nous leur proposions l'activité suivante, chacune (nous étions trois) prenant au hasard ce qui se trouvait sur la table.

"Attrape avec la cuiller les smarties"
"Pique avec ta fourchette les raisins secs"
"Introduis la paille dans l'ouverture de la boite de jus de fruits"
"Enfile ses perles"
"Ouvre les portes du puzzle"
"Bats le jeu de cartes"
"Distribue cinq cartes à jouer"
"Lance les dés"
"Attrape quelques centimes"
"Défais les legos"
etc...

Ca tombait par terre, fallait ramasser (avec les moufles, bigre), ça se renversait sur la table, ça échappait au contrôle, ça résistait inexorablement, mais les enfants ne se décourageaient jamais, recommançant et acceptant l'épreuve suivante, même avec des "j'peux pas" ou "oh là là, c'est trop dur".

La joie des enfants et leur fierté quand ils réussissaient une de ces très simple tâche s'ils n'avaient pas eu les moufles !
Ils étaient archi-conscients de la difficulté que cela représentait dès lors.
Ils commentaient avec une grande justesse.

Nous leur avons alors expliqué comment les thérapeutes travaillaient avec ces enfants dont les mains ne ressentaient pas aussi bien que les leurs, ou dont les muscles n'étaient pas aussi forts que les leurs. Nous leur avons montré les balles à "squizzer" (vocabulaire, vocabulaire, où est tu passé ?), la pâte à modeler spéciale (ici, elle s'appelle "therapeutic putty") très dure et élastique, les ciseaux à quatre ouvertures où l'enfant et le thérapeute peuvent introduire leurs doigts ensemble, les compléments aux crayons pour faciliter la prise, etc...

Ca passait très vite, il était déjà temps de passer au stand suivant... Quel soulagement de retirer les moufles !!    

Le stand de l'orthophonie (parole et langage)

Sur cette table, moins d'objets courants, à part au centre une assiette de friandises...

Autrement, un ordinateur avec la démonstration du langage des signes, un certain nombre de machines augmentatives de la communication, un livret de PECS (Système de Communication par l'échange d'images)...

On offre aux enfants d'obtenir la friandise, à la condition qu'ils la réclament... sans avoir le droit de parler ! Nombreux seront ceux qui se retrouvent ensuite une sucette à la bouche, d'où la conclusion qu'ils sont parvenus à leurs fins ! Motivation, motivation quand tu nous tiens.

Il est alors proposé aux enfants de discuter un peu de ce que cela ferait de ne pas pouvoir parler du tout. Comment demanderais-tu ce dont tu as besoin ? Quels sont les autres moyens de communiquer avec les autres ?

Autre exercice : un des enfants se porte volontaire pour dire quelque chose aux autres avec la langue tirée et interdiction de la rentrer. Les autres enfants doivent reconnaître ce qu'elle ou il a dit.

Démonstration est faite de l'utilisation du livret du PECS. Une des mamans qui tenait ce stand m'a dit par la suite au téléphone :
"Je n'ai pas retenu son nom, mais à moment donné une petite fille de CE1 me dit :
- Oh ! moi, j'ai un copain qui s'appelle Joseph, et il a ce livret, et moi je sais l'utiliser, et lui il me demande ce qu'il veut avec, et on discute ensemble comme ça !"
Quelle fierté pour cette petite fille. Et quelle émotion pour moi, de savoir que Sarah, puisqu'il s'agit d'elle, considère mon Joseph comme son copain, et non pas comme un enfant presque muet étrange et inaccessible.

Les enfants alors posent des questions, qui souvent tournent autour de la même chose :
"Est-il possible d'apprendre à mieux parler ? à parler tout court ?"
Oui, bien sûr, on leur explique alors le rôle de l'orthophoniste, qu'ils connaissent bien d'ailleurs, puisqu'il y en a une attachée à l'école, qui d''ailleurs, comme plein d'autres professionnels et responsables, viendra visiter les stands et voir ce qu'on y fait.

Pour clore, une démonstration de la langue des signes : plusieurs enfants connaissent d'ailleurs certains mots de cette langue, parce que dans beaucoup d'activités communautaires on apprend à dire "bonjour", "je suis", "au revoir", "merci", "je t'aime", etc... Les plus motivés apprennent à signer leur prénom. Mais pas aujourd'hui, on n'a pas le temps.

Le stand de la kinésithérapie (handicaps physiques)

Un stand d'activités uniquement : les enfants peuvent porter des appareils orthopédiques pour en sentir le poids, ou la gêne, et il leur est demandé de faire quelques activités quotidiennes usuelles.

Il leur est proposé également de s'essayer au ballon physiologique pour expérimenter les problèmes d'équilibre.

De faire un tournant en utilisant le "marcheur".

De porter un plateau de cafétéria, de ramasser leur cartable, de mettre leur manteau, de se déplacer, le tout en fauteuil roulant.

De boire un verre d'eau ou de faire du coloriage avec un bras immobilisé dans un plâtre pour simuler la réduction de l'extension du bras.

De jouer à un jeu simple avec des stabilisateurs aux jambes.  
   

Voilà.

Quand les enfants avaient fini leur tour de stands, il s'était écoulé quarante minutes. Un peu marathonien, mais marquant. A leur sortie du gymnase, ils repartaient avec un ruban multicolore des couleurs de l'arc-en-ciel, logo de la journée à porter comme un pin's, en hommage au très large spectre des possibilités existantes dans ce monde, qui ENSEMBLE créent la beauté de l'arc-en-ciel.    

Aux maîtresses, à qui il avait été conseillé de rester le plus possible avec leur classe, et de participer aux expériences, il avait été préalablement remis un petit dossier, contenant les objectifs de la journée et les raisons pour lesquelles l'Association tenait à ce qu'elle soit un succès. Il leur était présenté en détail ce que leur classe vivrait ce jour et demandé si possible de la préparer en

- parlant de ce que voulait dire "avoir un handicap" (définition suggérée : "être incapable de réaliser une habileté ou tâche de la même manière ou au même rythme que la moyenne des personnes" ;

- expliquant qu'une personne handicapée est essentiellement comme une autre, c'est à dire qu'elle aime les mêmes choses, et que même, elle peut avoir des dons spéciaux, des talents qui compensent ;

- expliquant que le Jour des Différences leur permettrait de vivre, même pour quelques minutes, ce que cela fait d'avoir différents handicaps ;

- leur donnant des exemples pour qu'ils sachent à quoi s'attendre ;

- leur expliquant qu'on aimerait bien qu'ils RESSENTENT ce que ça fait d'être un enfant avec ce handicap-là ;

- leur demandant de réfléchir à ce qu'ils pourraient faire pour être un bon copain ou aider un enfant qui a ce handicap.    

Dans ce dossier, il y a également la requête de faire suivre la journée d'une vingtaine de minutes de discussion dans la classe à propos de ce qui vient d'être vécu.  

En annexe à ce dossier d'instructions et d'objectifs, il y a une brève "foire-aux-questions" sur les différents handicaps (10 pages), très clairement fait, et qui sert tout autant à répondre aux questions d'enfants que de bien des adultes !

Ainsi qu'une bibliographie assez complète.      

"A chaud", les réactions des enfants étaient déjà bien visibles. Derrière l'amusement, il y avait énormément de sérieux, de désir de "jouer le jeu", et de bien comprendre ce qui se passait.

J'ai vu, bien entendu, puisque cette école intègre plusieurs enfants handicapés, participer certains d'entre eux. Une petite fille était venue visiter les stands dans son fauteuil roulant ! elle a choisi les stands, parce qu'elle a dit avec beaucoup d'humour que cela ne l'intéressait pas de marcher avec une canne blanche ! Les autres enfants avec handicaps étaient parfois accompagnés de leur auxiliaire (une petite fille avec paralysie cérébrale) qui l'a notamment aidée à ne pas se mettre le crayon dans l'oeil quand il s'est agi d'écrire sur son front, mais à part ça, a laissé faire la plupart des exercices comme les autres enfants (je précise pour donner un exemple de comment l'intégration marche ici, peut-être que cela n'était pas nécessaire).

Il y avait des enfants qui avaient très clairement des déficits attentionnels , une petite fille hyperactive, plusieurs enfants qui participent à la classe intégrée (CP-CE1).

On sentait chez ces enfants, l'habitude de se côtoyer les uns les autres, l'habitude de respecter les sentiments des uns des autres, le désir d'être aimant et aidant. Il restait l'esprit de compétition, très fort, qu'il est peut-être question de tempérer pour que justement les enfants avec handicaps ne se sentent pas "hors jeu" avec l'aide des enseignants, à qui nous , parents, sachant de quoi il s'agit, devons rappeler que ces pressions-là ne sont pas aux bénéfices de nos enfants ni des autres, d'ailleurs.

Parmi les visiteurs, j'ai repéré le Président de la commission scolaire, la Vice-Présidente, la Présidente de la Commission pré-scolaire (les maternelles), plusieurs psychologues scolaires, l'orthophoniste de l'école, des émissaires d'une autre commission scolaire (le district voisin), quelques parents (d'enfants typiques) etc...

Notre Association sera ravie si je peux leur donner des nouvelles de l'importation du concept de la Journée des Différences en France.

Laurence
maman de Joseph & de Jacob

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